Association Française pour le Production Fourragère

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L'ensilage des prairies temporaires en Suède : un développement réussi

Paru en 2011 dans Fourrages n°206 (page 107 à 118)

Auteurs : Sporndly R.

Co-auteurs : Nilsdotter-Linde N.

Mots-clefs : production laitière, prairie temporaire, ensilage, valeur alimentaire, graminée, légumineuse, recherche scientifique, ration de base, production de viande, fléole, ration alimentaire, résistance au froid, lotier, équin, Suède

Résumé :

En Suède, la saison de pâturage est d'environ quatre mois dans le sud et seulement deux mois dans le nord ; les ruminants et les chevaux ont donc besoin de fourrage conservé. Les prairies temporaires de courte durée intégrées dans les rotations avec les autres cultures sont les principales ressources fourragères, contrairement à ce que l'on observe plus au sud en Europe,où les surfaces fourragères reposent sur une large part de prairies pérennes. Les prairies temporaires et les cultures fourragères sont les cultures les plus fréquentes en Suède (45% des terres arables en 2010). Les cultures pérennes ont de nombreux effets positifs sur l'environnement en termes de lessivage des nitrates, pour la séquestration du carbone, la structure du sol, la rotation des cultures...

Le foin était le fourrage conservé dominant jusqu'aux années 1960, mais au cours des 20 années suivantes,il y a eu une évolution radicale vers l'ensilage. La moindre dépendance aux conditions météorologiques à la récolte, de meilleures solutions techniques et une meilleure réponse desanimaux ont été les facteurs les plus importants de ce changement. Les grands éleveurslaitiers ont été les premiers à setourner vers l'ensilage d'herbe et de légumineuses, stocké dans des silos tour ou couloir. Lorsque les balles rondes se sont développées, dans les années 1990, les petits élevages ont commencé à pratiquer l'ensilage, tandis que les propriétaires de chevaux ont attendu l'apparition des petites balles et du préfanage.

Lorsque l'ensilage a remplacé le foin, le système de culture est devenu plus intensif, avec l'utilisation des prairies temporaires. Traditionnellement, la fléole des prés et le trèfle violet dominaient. Toutefois, lorsque le rythme de coupe annuel est passé de deux à trois dans le centre et le nord de la Suède (et quatre ou plus dans le sud), la composition des prairies a évolué. Le trèfle blanc a été introduit pour l'ensilage et le ray-grass est devenu plus populaire. Toutefois, le ray-grass a des problèmes de résistance aux conditions hivernales et reste une espèce minoritaire dans les prairies temporaires suédoises. C'est un défi pour trouver le matériel végétal combinant une bonne persistance, un rendement élevé et une grande qualité. Les agriculteurs ont à définir leur propre stratégie, en prenant en compte la longévité, la fertilisation, le niveau d'intensification fourragère et leurs objectifs de production,pour choisir la composition des mélanges semés.

Pour remplacer lesprotéines importées, la production de protéines locales est recherchée. La culture de légumineuses comme la luzerne est donc un défi pour nourrir à l'avenir le troupeau laitier. D'autres protéagineux comme les pois et les féveroles ensilés en plante entière semblent également prometteurs.

Les pertes dematière sèche lors de l'ensilage ont été étudiées. Leur ampleur diffère sensiblement entre les méthodes d'ensilage. Nos propres observations à la ferme expérimentale de SLU (SwedishUniversity of Agricultural Sciences) indiquent que les pertes en silos-tours et silos couloirs sont d'environ 15-25% alors que celles en enrubannage sont de l'ordre de 5%. Ces chiffres indiquent que la superficie totale cultivée en fourrage pourrait être diminuée d'environ 10% si une gestion appropriée des silos et de l'ensilage était mise en œuvre. 

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Dernière mise à jour le
16/10/2018